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Les poids lourds électriques débarqueront bientôt en force

Le 16 novembre 2017, à Los Angeles, lors d’un show médiatique dont lui seul a le secret, Elon Musk, le patron de Tesla, secouait l’univers du transport routier en présentant son camion électrique Semi. Equipé de quatre moteurs électriques indépendants placés sur les deux essieux arrière, ce semi-remorque serait capable de transporter des charges de 36 tonnes sur plus de 800 kilomètres (1) avec une vitesse de croisière de 100 km/h.

Cette autonomie peut sembler relativement faible au regard des poids lourds traditionnels carburant au diesel et parcourant plus de 1.000 kilomètres mais Semi présente l’avantage de se recharger rapidement – le temps de charge ne prendrait que 30 minutes grâce à des stations de recharge plus puissantes (350 kW) que les chargeurs actuels. Il dispose également du même système autopilote que les voitures de la firme (freinage d’urgence automatique, système de maintien de trajectoire et alerte de collision avant) mais avec une fonction supplémentaire : le platooning (rouler en convoi) qui permet de faire rouler et maintenir dans une seule voie des véhicules robotisés ou sans chauffeur avec, à sa tête, un véhicule maître conduit par un chauffeur.

Du lourd opérationnel en milieu urbain dès 2019

Face à cette merveille électrique dont la mise en production est prévue pour fin décembre 2019 – en supposant que les délais soient tenus, ce qui est rarement le cas chez Tesla – , les principaux constructeurs de véhicules industriels ont eux aussi multiplié les annonces. Ainsi, Mercedes-Benz Trucks compte commercialiser à l’horizon 2021 une gamme de camions 100% électriques, en versions 18 tonnes et 25 tonnes, d’une autonomie annoncée de 200 kilomètres. Contrairement au Tesla Semi, l’eActros, essentiellement prévu pour des trajets courts en milieu urbain, est déjà opérationnel :  une dizaine de prototypes a été envoyée à une poignée de clients, principalement allemands, pour parfaire leur développement. MAN Trucks, devenu une filiale de Volkswagen depuis 2011, a plus ou moins procédé de la même manière en testant en Autriche depuis début 2018 neuf camions de livraison à propulsion électrique. La fabrication d’une première série est prévue à partir de la fin 2018 et début 2021, MAN commencera la production en série de ses eTrucks destinés à la livraison urbaine.

Volvo Trucks et Renault Trucks, tous les deux associés sur le volet poids lourd, seront encore plus rapides : dès 2019, les premiers lanceront le FL Electric et les deuxièmes les Z.E. (Zéro Emission), des camions de moyen tonnage d’une autonomie maximale de 300 kilomètres et principalement destinés à un usage urbain et périurbain.

Le premier camion sans chauffeur

Tesla n’est pas non plus la seule compagnie à s’intéresser à la conduite autonome pour les camions électriques. La start-up Einride va en effet tester sur les routes suédoises à partir de l’automne 2018 son T-Pod, un camion à mi-chemin entre le gros utilitaire et le poids lourd, 100% électrique et sans chauffeur. La mise en service de ce camion électrique entièrement autonome – ce qui n’est pas tout à fait le cas du Tesla Semi – est prévue pour 2020.

La bataille des poids lourds électriques est bel et bien lancée… pour le plus grand bien de l’environnement. D’après de nombreux spécialistes, l’écart de coût entre les solutions électrique et diesel pourrait se tasser à l’horizon 2025, faire décoller un marché encore embryonnaire et, par ricochet, diminuer l’impact carbone. Le secteur du transport routier représente à lui seul 20 à 25% des émissions globales de CO2, dont presque les deux tiers peuvent être attribués aux marchandises. Avec des consommations de 35 à 50 litres aux 100 kilomètres, un poids lourd émet entre 600 et 1000 g de CO2 par kilomètre. Autre avantage et non des moindres : les camions électriques étant silencieux, il serait possible de les faire circuler à des périodes moins agitées comme tard le soir ou de nuit et ainsi désengorger les villes aux heures de pointe. L’image de poids lourds polluants et bruyants ne sera peut-être bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

 

(1) Début mai 2018, Elon Musk a souligné que son futur poids lourd électrique de série aurait une autonomie plus proche des 600 miles (965 kilomètres) que des 500 miles (800 kilomètres) initialement annoncés.

 

 

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