ElectricitéInnovation & Technologies

Le corps humain, une abondante source d’énergie électrique

Exploiter les mouvements humains pour produire de l’énergie électrique n’est pas une idée très neuve en soi. Les générateurs (appelés improprement dynamos) utilisés pour l’éclairage des vélos puisent déjà leurs ressources sur la propulsion développée par les cyclistes et les montres automatiques modernes tirent parti des mouvements du poignet pour fonctionner. Mais ces applications ne touchaient jusqu’à présent que des appareils exigeant une faible consommation d’énergie. Tout l’enjeu d’aujourd’hui est de pouvoir produire de l’électricité en abondance grâce au corps humain et de réduire ainsi notre dépendance énergétique.

De nombreux projets existent à l’heure actuelle, à l’état de prototype ou déjà en service, qui permettent de transformer nos mouvements en puissance électrique ou d’exploiter la chaleur que nous dégageons.

Des footballeurs qui illuminent leur stade

Ainsi, chez nos voisins français, la SNCF a installé depuis 2013 dans ses grandes gares un dispositif appelé We-Bike. Composé d’un îlot de 3 bornes autour d’un guéridon haut, ce dernier permet de recharger téléphones mobiles, ordinateurs et lecteurs en tout genre en pédalant sur un genre de vélo d’appartement connecté. L’énergie cinétique est récupérée puis transformée en électricité. En utilisant ce système, l’utilisateur peut recharger 15% de son téléphone mobile en seulement 10 minutes d’efforts !

Inauguré par Pelé en personne en septembre 2014, le stade de football d’une favela du centre de Rio est devenu le premier au monde à être illuminé par l’énergie des joueurs. Deux cent plaques intelligentes, confectionnées à 80% en matériaux recyclés et installées sous la pelouse, captent l’énergie cinétique générée par les déplacements des joueurs et produisent de l’électricité servant à éclairer le stade pendant toute la soirée.

L’énergie des mouvements du quotidien

Pour réduire leurs factures énergétiques, de plus en plus de salles de sport et de discothèques se basent sur le même principe de piézo-électricité – qui consiste à créer des charges électriques en déformant certaines matières. Les premières utilisent des vélos, tapis de course et machines de musculation équipés d’alternateurs et reliés à un boîtier permettant de transformer l’énergie produite par les sportifs en électricité pour alimenter l’éclairage de la salle ainsi que les écrans de télévision. Les deuxièmes font appel à des pistes de danse composées de vérins qui bougent au rythme des mouvements du sol lorsqu’il est secoué par les danseurs et d’un générateur interne qui convertit les mouvements en énergie électrique destinée à éclairer la piste.

A l’avenir, d’autres applications pourraient voir le jour pour améliorer l’efficacité des lieux de rassemblement et collecter l’énergie générée par les mouvements du quotidien. Sont ainsi prévus dans un futur plus ou moins proches des trottoirs capables de récupérer l’énergie de la marche des passants ainsi que de nouvelles installations pour piétons dans des zones très fréquentées comme les stades, les salles de concert, les festivals de musique, les aéroports, les gares ou encore les centres commerciaux.

Des piles humaines en devenir

Bientôt, nous deviendrons nous aussi des piles humaines. Dotés d’un tissu souple recouvert d’argent avec un matériau à base de silicium organique, les vêtements thermoélectriques seront capables, par nos seuls déplacements, de recharger des gadgets électroniques transportés dans les poches. Des puces, collées sur la peau ou séparées par un tissu léger, permettront de recharger un téléphone mobile en exploitant la mise en mouvement des électrons dans la puce du fait de la puissance thermique dégagée par notre corps.

Notre voix et nos hanches seront également de futures sources d’énergie. Même les mouvements de nos mâchoires pourraient produire de l’électricité ! Grâce à une bande placée sous le menton, qui incorpore des électrodes en polymère adhésif et réagit à la mastication, des chercheurs de l’Ecole de technologie supérieure de Montréal ont pu produire jusqu’à 7 milliwatts. La quantité d’électricité récupérée est encore insuffisante mais, en améliorant le dispositif, les chercheurs espèrent alimenter ainsi des appareils électroniques implantables ou des appareils techniques portables tels que des prothèses auditives.

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